Je Plie et Ne Romps Pas. Essai de Lecture Ininterrompue du Livre I de S Fables de la Fontaine PDF

Je Plie et Ne Romps Pas. Essai de Lecture Ininterrompue du Livre I de S Fables de la Fontaine PDF page est en semi-protection longue. Jean de La Fontaine par Hyacinthe Rigaud, en 1690. Proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine reste à l’écart de la cour royale mais fréquente les salons comme celui de Madame de La Sablière et malgré des oppositions, il est reçu à l’Académie française en 1684.


Les Fables de La Fontaine peuvent se lire comme leur auteur
les a publiées: dans leur ordre. On y gagne en plaisir et en
pensée. On y goûte « dans l’esprit » une heureuse diversité, qui
est celle de la nature, donc de soi. On y découvre un écrivain
audacieux et encore plus subtil qu’on ne l’imaginait. On y
apprend à lire, à relire, à « rêver à cette aventure ». On y entend
toujours mieux cette formule du Roseau : « Je plie et ne romps
pas. »

C’est en effet en s’inspirant des fabulistes de l’Antiquité gréco-latine et en particulier d’Ésope, qu’il écrit les Fables qui font sa renommée. Il passe ses premières années à Château-Thierry, dans l’hôtel particulier que ses parents ont acheté en 1617 au moment de leur mariage. Le poète gardera cette maison jusqu’en 1676. On dispose de très peu d’informations sur les années de formation de Jean de La Fontaine. On sait qu’il a étudié au collège de sa ville natale jusqu’en troisième où il se lie d’amitié avec François de Maucroix et apprend surtout le latin, mais n’étudie pas le grec. Ses fréquentations parisiennes, pour ce que l’on en sait, sont celles des sociétés précieuses et libertines de l’époque.

En 1652, La Fontaine acquiert la charge de maître particulier triennal des eaux et des forêts du duché de Château-Thierry, à laquelle se cumule celle de son père à la mort de celui-ci. Tâche dont on soupçonne La Fontaine de ne guère s’occuper avec passion ni assiduité et qu’il revend intégralement en 1672. Fidèle en amitié, La Fontaine écrit en faveur de son protecteur en 1662, l’Ode au Roi puis l’Élégie aux nymphes de Vaux. Certains biographes ont soutenu que cette défense de Fouquet alors arrêté lui avait valu la haine de Jean-Baptiste Colbert, puis celle de Louis XIV lui-même, sans que l’on dispose de témoignages clairs à ce sujet. En 1664, il passe au service de la duchesse de Bouillon et de la duchesse douairière d’Orléans. Deux recueils de contes et nouvelles en vers se succèdent alors, en 1665 et 1666, dont les canevas licencieux sont tirés notamment de Boccace et des Cent Nouvelles Nouvelles.

En 1669, La Fontaine ajoute un nouveau genre à son activité en publiant le roman Les Amours de Psyché et de Cupidon, qui suscite une relative incompréhension au vu de sa forme inédite : mélange de prose et de vers, de récit mythologique — cette fois tiré d’Apulée — et de conversations littéraires, le texte contrevient à des principes élémentaires de l’esthétique classique. Boileau, il n’y a guère de trace d’une telle amitié. Marguerite de La Sablière l’accueille et l’héberge quelques mois après, probablement en 1673. En 1674, La Fontaine se lance dans un nouveau genre : l’opéra, avec un projet de collaboration avec Jean-Baptiste Lully, qui avorte. La même année, un recueil de Nouveaux Contes est publié – mais cette fois-ci, sans qu’on sache très bien pourquoi, l’édition est saisie et sa vente interdite : si La Fontaine avait chargé le trait anticlérical et la licence, reste que ces contes demeuraient dans la tradition du genre et dans une topique qui rendait relativement inoffensive leur charge. Fac-similé d’un des très rares autographes de Jean de La Fontaine. Après deux recueils de Contes, c’est à nouveau un recueil de Fables choisies et mises en vers que publie La Fontaine en 1678 et 1679, cette fois-ci dédié à Madame de Montespan, maîtresse du Roi : ce sont les livres actuellement VII à XI des Fables, mais alors numérotés de I à V.

Période moins faste, où les productions sont quantitativement moins importantes, mais non moins diverses : ainsi, en 1682, La Fontaine publie un  Poème du Quinquina , poème philosophique dans la manière revendiquée de Lucrèce à l’éloge du nouveau médicament, et accompagné de deux nouveaux contes. La Fontaine tombe gravement malade fin 1692, vraisemblablement de la tuberculose. Il demande alors à voir un prêtre, et le curé de l’église Saint-Roch lui envoie le jeune abbé Pouget, qui vient d’obtenir son doctorat de théologie. Il meurt le 13 avril 1695 au 61 rue Platrière. En procédant à sa toilette mortuaire, on trouve sur son corps un cilice, pénitence que l’abbé Pouget jure ne pas avoir ordonnée. Dessin de Grandville en tête de son édition illustrée des Fables, où apparaît le début de l’épitaphe. Croyant le bien chose peu nécessaire.