La saga du kava. : Du Vanuatu à la Nouvelle-Calédonie PDF

Tous ces mythes rendent comptes d’une forme de la saga du kava. : Du Vanuatu à la Nouvelle-Calédonie PDF, propre à chaque groupe aborigène, sur les paysages qui les entourent. Image satellite de la grande barrière de corail.


Dans le cas des mythes du Plateau d’Atherton racontant les origines des lacs Eacham, Barrine et Euramo, des recherches géologiques avaient daté les explosions volcaniques qui sont à leur origine à plus de 10 000 ans, comme le décrivent les mythes aborigènes. Baie de Port Phillip, tel qu’il a été conté à Robert Russell en 1850. Il décrit la baie actuelle comme une région autrefois émergée et le cours de la Yarra empruntant alors le tracé des anciens marais de Carrum Carrum. W Gregory en 1906, racontent que les déserts d’Australie Centrale étaient autrefois des plaines fertiles et irriguées, et parlent des déserts qui entouraient le lac comme d’un immense jardin.

Ces modes d’articulation ont donné naissance aux mots distinctifs et aux noms des différents mythes. Il y a tant de groupes aborigènes distincts, de langues, de croyances et de pratiques qu’il serait illusoire de vouloir les rassembler sous une seule et même bannière. D’autant plus que la grande variété de mythes ne cesse d’être racontée, développée, élaborée, exécutée et vécue différemment par les membres de chacun de ces groupes. Les aborigènes d’Australie peuvent être décomposés en 400 groupes linguistiques différents, chacun d’entre eux ayant sa propre culture.

Pour cette raison, il serait erroné de penser que chacun des mythes est représentatif a priori de la culture aborigène dans son ensemble. Il ne faut pas concevoir les êtres mythologiques aborigènes comme les dieux à la manière occidentale, mais plutôt les considérer comme des Esprits Créateurs, des Héros de la culture ou comme des Esprits Aborigènes ancestraux. Les cultures aborigènes sont basées sur la Nature. Une relation spirituelle lie les êtres humains, les plantes, les animaux, les astres et les sites sacrés. Bon nombre de leurs héros mythologiques sont des animaux typiques de l’Australie, comme le serpent arc-en-ciel.

Les humains sont associés à la terre et à des sites précis. En accomplissant cela, l’ordre créé par ses ancêtres est maintenu. Une autre similitude est la notion de  Temps du rêve . On l’interprète souvent comme l’époque de la création du Monde, mais il décrit en fait le processus par lequel le Monde a vu le jour. Cependant, l’usage de l’expression Temps du rêve est désormais déconseillée car elle renvoie implicitement à un temps révolu, alors que beaucoup d’aborigènes considèrent qu’il n’est pas terminé. Il lui préfère le terme de Rêve.

Dans le Rêve, il n’y a pas de distinction claire entre les hommes et les animaux et quelques esprits sont capables de prendre une forme humaine ou animale à volonté. Les voies du rêve décrivent les parcours empruntés par les Esprits Ancestraux pendant le  Rêve . Alors qu’ils marchaient sur ces chemins, les Esprits donnèrent vie aux roches, aux plantes et aux animaux par leurs chants. Ces chemins sont sacrés et il existe des chansons et des cérémonies qui décrivent la façon de les parcourir.

Ils décrivent généralement les voyages d’ancêtres, souvent des personnes ou des animaux géants, sur ce qui était alors un monde dépourvu de tout. Les montagnes, les rivières, les points d’eau, les espèces animales et végétales et d’autres ressources naturelles et culturelles ont vu le jour à la suite d’événements qui ont eu lieu au cours du  temps du rêve . Les routes empruntées par le Créateur au cours du  temps des rêves , à travers les terres et les mers, relient entre eux de nombreux sites sacrés qui forment un réseau de pistes qui sillonnent le pays. Alors que les droits de certains êtres humains peuvent beaucoup varier, les relations fondamentales entre les  rêves  et certains paysages sont théoriquement éternelles. Les peuples aborigènes apprennent de ces histoires qu’une société ne doit pas être centrée sur l’homme, mais plutôt sur un territoire.

Dans le cas contraire, ils oublient leurs origines et leur raison d’être. C’est une sagesse qui s’acquière tout au long de la vie en écoutant, en observant et en expérimentant. Il y a une profonde compréhension de la nature humaine et de son environnement. Les sites possèdent leur propre sensibilité qui ne peut être décrite en termes physiques, une sensibilité subtile qui résonne à travers les corps de son peuple. Peinture rupestre aborigène représentant un serpent arc-en-ciel.

En 1926, un anthropologue britannique spécialisé en ethnologie et en ethnographie aborigène, Pr. Un certain nombre de linguistes et d’anthropologues ont recueilli toute une documentation orale sur un autre mythe commun à tous les Aborigènes d’Australie. Les aborigènes racontent que leurs ancêtres rencontrèrent un personnage mythique arrivant de la mer. Le nom de  capitaine Cook  revient le plus souvent pour nommer ce personnage mythique clé. Les nombreuses versions de ce capitaine Cook émanent rarement d’une réelle rencontre avec le lieutenant James Cook, le premier à avoir cartographié la côte Est australienne depuis l’Endeavour, en 1770.