Les fibules : Deux mille ans en Afrique du Nord PDF

Les terres occupées par les Sanhadja du Maghreb central sont des montagnes d’une altitude moyenne voisine de mille mètres et les villes capitales sont construites les fibules : Deux mille ans en Afrique du Nord PDF bordure des plaines sur des terrasses élevées protégées par des pics ou des chaines peu pénétrables. Ce sont des nids d’aigles d’où la vue pénètre au loin dans la plaine et surveille l’ennemi.


Il aura fallu attendre cent sept ans après la publication par Paul Eudel d’un Dictionnaire des Bijoux de l’Afrique du Nord (Paris, Leroux, 1906) pour que soit proposé un ouvrage transversal consacré à des parures traditionnelles dans les trois pays du Maghreb central sous le titre de «LES FIBULES. Deux mille ans en Afrique du Nord. Arts et Symboles».

Dans la première partie, un rapide regard jeté sur les fibules présentes dans cette région dès l’Antiquité apporte aux curieux d’archéologie des lumières nouvelles, sans que soit recherchée une filiation à travers des durées considérables.

La seconde partie est une plongée dans les patrimoines contemporains de trois pays voisins, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, axée sur l’usage commun de bijoux emblématiques, éléments indispensables du vêtement féminin traditionnel et témoins d’un héritage artistique remarquable mais trop peu exploré.
Le regroupement le plus large possible des fibules encore connues au XXe siècle met en évidence la richesse d’invention des bijoutiers, et présente dans leur séduisante diversité de délicates techniques d’ornementation. La multiplicité des formes est l’occasion de traquer les différences qui se sont fait jour dans les choix des modèles selon les pays, mais surtout de repérer d’évidentes parentés qui ne sont pas dues au hasard. De nombreux portraits de femmes parées émaillent l’ouvrage, et conservent ainsi leur vie à des objets menacés par les nouveaux modes d’habillement.

Quittant les domaines du tangible, le lecteur est invité dans la troisième partie à explorer les significations qui ont de tout temps été attachées aux fibules, en plus de leurs caractères représentatifs des régions qui les ont vu naître.
Ces parures sont en effet imprégnées d’un fort contenu symbolique occulte depuis une époque probablement très ancienne. Sa nature cachée se dévoilera peu à peu dans l’analyse des formes récurrentes des fibules, les récits de rites dans lesquels elles ont été impliquées, leurs représentations sur des supports très divers dans le monde berbère (ce qui a entraîné leurs emplois récents dans la décoration d’objets touristiques).

Dans ce livre plane certes un mystère, mais les clefs en résident sans nul doute dans le ballet d’objets singuliers et de visages lumineux offert au fil des pages par une illustration foisonnante.

L’auteure

Marie-Rose Rabaté, docteur en ethnologie, a vécu trois ans en Tunisie, voyagé en Algérie et résidé en continu pendant quatorze ans au Maroc. Dans ce pays, de nombreux séjours sur le terrain entre 1964 et 1977 lui ont permis d’acquérir une connaissance approfondie des modes de vie et des objets traditionnels locaux. Elle s’est intéressée particulièrement aux bijoux, à la fois dans leur diversité, leur localisation et leur environnement socioculturel.

Installée à Paris depuis 1980, l’auteure a poursuivi et étendu ses recherches, par la continuation de ses voyages d’étude, l’élargissement de ses explorations bibliographiques et l’exploitation de plusieurs importantes collections publiques ou privées. Sa pratique de la photographie d’objets lui a permis de réunir patiemment une très large documentation iconographique personnelle, et elle a publié depuis 1996 cinq ouvrages d’art et de référence sur des sujets éclectiques concernant la culture matérielle du Maroc, que modifie la modernisation progressive du pays.

Elle propose cette fois sous le titre «LES FIBULES. Deux mille ans en Afrique du Nord. Arts et Symboles» un volume destiné à un large public amateur de beaux livres et de découvertes, le premier où elle fait porter son étude sur les trois pays du Maghreb central, Maroc, Algérie, Tunisie. Consacrée à des parures peu connues, cette publication révèle non seulement leurs remarquables qualités esthétiques mais aussi les aspects symboliques qui leur étaient reconnus.

1000 mètres d’altitude sur le versant sud du djebel Maadid à la limite nord des plaines du Hodna. Fredj dont les gorges constituent un rempart naturel. Le lieu est déjà habité par les Numides : une mosaïque représentant le triomphe d’Amphitrite est découverte en 1898 à 700 mètres à l’est de la ville et déposée au musée des Antiquités d’Alger. Neuf ans après la fondation de la Kalâa Hammad ibn Bologhine se révolte contre son neveu Badis qui veut le dessaisir de trois provinces du Constantinois.

Karama, frère de Badis, attaque la Kalâa et la détruit en partie. Les troupes zirides quittent alors la Kalâa. Le mariage de Abdallah, fils de Hammad, et d’Umm al-Ulu, sœur d’Al-Muizz, marque l’alliance des deux princes. Devenue la capitale des berbères hammadides, la ville constitue alors l’une des plus florissantes d’Afrique du Nord. Trois grandes routes relient la Kalâa aux autres villes du Maghreb.

La première, vers le nord-ouest, se divise pour conduire à Alger et Ténès par Bouira, à Bougie et Djidjelli, à Sétif et Constantine. La ville accueille notamment, après l’invasion des Arabes hilaliens en Ifriqiya, les habitants ruinés de Kairouan et les négociants orientaux, à qui elle doit, vers 1065, un développement inattendu. Sous le règne d’Al-Qaid, les hostilités ayant repris entre les Zirides et les Hammadites, la Kalaâ est assiégée entre 1040 et 1042. Sous celui de An-Nasir, elle est conquise par Ali b. Raggam mais selon Ibn Khaldoun reprise rapidement. L’emplacement de la capitale des Hammadides est resté vierge de toute autre construction depuis le Moyen Âge. Les premières fouilles conduites par Paul Blanchet en avril 1897 ont pour objet le donjon du Manar.

Le général Léon de Beylié poursuit en 1908 le dégagement du palais du Lac et de la grande mosquée. Trois ans ont été nécessaires pour exhumer une mosquée entièrement ruinée dont il ne subsiste que le minaret. Elle présente la forme d’un rectangle de 63,30 sur 53,20 mètres. La salle de prière, mesurant 53,20 sur 34,20 mètres, est composée de treize nefs, orientées nord-sud, de 8 travées.

Rachid Bourouiba pense plutôt qu’il s’agit d’ une petite salle de prière qui a remplacé la grande lorsque la Qal’a fut désertée par un grand nombre de ses habitants et que le reste de la population n’eut plus les moyens d’entretenir un édifice aussi vaste . Il ne demeure plus du mihrab que la partie gauche de sa base. Sa niche orientée vers le sud présentait la forme d’un arc surhaussé. L’emplacement subsiste de deux colonnes supportant l’arc d’ouverture. La cour, de 53,20 sur 26,90 mètres, est séparée de la salle de prière par un mur présentant onze portes. Entourée d’un portique, elle est pavée de dalles blanches. Une citerne, alimentée par une source, de 1,15 m de long, 5,40 m de large et 2,80 m de haut, dont la voûte est en partie effondrée, se trouve en son centre.

Au fond trois pièces situées à l’est devaient servir pour les ablutions, une autre pouvait, à l’est, être une bibliothèque. Au milieu du côté nord de la cour, le minaret actuellement haut de 24,70 mètres, la partie supérieure s’étant effondrée. Après celui de la Mosquée de Sidi Bou Merouane, il est le plus ancien d’Algérie. Sa tour parallélépipédique mesure 6,50 m de côté, un escalier de cent vingt-sept marches, tournant en son centre, conduisant au sommet. L’ornementation de la face du minaret, donnant sur la cour, se développe selon trois registres verticaux.