Lorsque L’enfant Paraît – Tome 1 PDF

Une interview de Bruno della Lorsque L’enfant Paraît – Tome 1 PDF, du centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement de l’OCDE, aux journées de l’innovation de l’Unesco, qui résume ce qu’il faut savoir de la neuroéducation. Quel est l’apport des avancées en neurosciences pour l’éducation ? SANKORE : ZOOM SUR LES NEUROSCIENCES Que disent les neurosciences sur l’Education numérique ? Les neurosciences désignent l’étude scientifique du système nerveux et du fonctionnement du cerveau, depuis le niveau moléculaire jusqu’au niveau comportemental.


La neuroéducation est le mariage entre les neurosciences et les sciences de l’éducation. La neuroéducation a une utilité bien au delà du seul système scolaire puisque l’on réfléchit avec le même cerveau hors de l’école ! Quel est l’intérêt pour les élèves ? Des connexions neuronales n’arrêtent pas de se créer, à chaque instant de notre vie. Il ne tient qu’à nous de les lui faire découvrir. Ainsi les efforts sont plus facilement ciblés et récompensés par des réussites.

Les études ont prouvé que, lorsque l’élève est lui-même informé du fonctionnement de son cerveau, les progrès les plus importants sont au rendez-vous. Il ne s’agit donc pas de savoirs à ne diffuser qu’aux enseignants, les élèves aussi sont concernés. Quel est l’intérêt pour les enseignants ? Les conseils méthodologiques que l’on donne aux élèves ne sont plus aussi facilement rejetés par eux, car ils ne font plus l’amalgame entre la personnalité du professeur et le conseil qu’il donne. Le conseil est légitimé par ce que tous les êtres ont en commun sur le plan du fonctionnement basique du cerveau, et se trouve donc ainsi facilement reconnu comme utile à connaître. Neurosup est le seul projet français public de Neuroéducation. 500 élèves ont eux aussi été formés.

Même remarque pour les établissements post-bac. Neurosup est en contact avec Neuroéducation Québec, référence mondiale de la diffusion de la neuroéducation. OK, l’une des forces du projet c’est qu’il est hyper interdisciplinaire  ! Le cerveau retient 7 fois plus d’informations si on les catégorise. Une fois le « tiroir » « dérivée » ouvert par le cerveau, les 5 situations types qui y sont contenues viendront alors à l’esprit. Gain de temps, de clarté, de compréhension et de révision, garantis ! Très apprécié des élèves, qui disent alors : « finalement, en mathématiques, il n’y a pas autant de choses à apprendre que cela » !

Car les méthodes à maîtriser sont bien moins nombreuses que les différents visages d’un énoncé y faisant appel. Le fonctionnement du cerveau est essentiellement associatif. Et c’est d’ailleurs ce que l’on fait très souvent en classe. Grâce aux découvertes en neurosciences, on sait désormais que ce n’est pas la seule manière, ni même la plus efficace. Et puis, une succession de positions de l’oiseau serein, volant, naviguant dans ce couloir aérien. Ce n’est qu’en deuxième étape que l’on dira alors qu’en maths, on codifie tout cela par des notations et du vocabulaire précis. U est minorée par 1, majorée par 30, bornée par 1 et 30.

Mais que c’est bien l’image de l’oiseau, le souvenir du moment où l’on a ri lors du dessin qui nous viendra en premier à l’esprit, et que par association, on pourra alors facilement ressortir les notations que nous demande le prof. Dans le cerveau, la vérité n’efface pas l’erreur. Le cerveau va régulièrement nous pousser à proposer des réponses qui lui paraissent de « bon sens ». Même si elles sont fausses et qu’on le lui a déjà démontré. La formulation de la bonne réponse sera en fait un processus d’inhibition de l’erreur.

Exemple archi-classique en maths : lorsque l’on entend la phrase : « ABCD est un parallélogramme », votre cerveau entend le groupe de deux lettres AB puis le groupe de deux lettres CD. Tout élève a déjà commis au moins une fois cette erreur. A chaque fois, ils diront : »ah oui, c’est vrai ! Et nous nous dirons « ça y est, il ne fera plus l’erreur puisqu’il a compris ».

Ceux qui reproduisent systématiquement la même erreur semblent être ceux qui ne parviennent pas à s’imaginer que leur cerveau peut leur jouer des tours « connus et prévisibles » et ne s’en méfient pas. Ils prennent alors souvent l’erreur pour de la simple « distraction ». Persuadés que la prochaine fois, ils seront plus « concentrés » et que donc il n’y aura plus d’erreur. Et que notre phrase classique d’enseignant : « ça va ? Antonio Novoa a encadré le colloque de l’ouverture à la fin. Il revient pour les lecteurs du Café pédagogique, sur quelques idées fortes de ses interventions. Vous estimez qu’il faut unifier davantage le monde éducatif ?

Il faut réaliser le rapprochement des enseignants, des universitaires et des chercheurs, y compris dans les statuts, le prestige et la carrière sociale, et faire cesser l’illusion que la recherche peut aboutir à des résultats qui vont éclairer le terrain de la pratique. Ce n’est qu’à l’intérieur d’une institution capable de réaliser ce rapprochement que l’on peut espérer le renouvellement intellectuel de ce qui a constitué jusqu’alors les fondements du travail pédagogique. Je crois qu’il faut amener vers l’intérieur de cette institution toutes les théories nouvelles, essentielles pour comprendre comment on peut apprendre aujourd’hui , les amener dans le domaine de la formation des enseignants, de la recherche sur l’éducation et du travail pratique des enseignants. Vous parlez de recentrer l’école sur ses vraies missions. Je parlerai plutôt de ses missions non traditionnelles, qui tiennent de l’apprentissage plus que de l’instruction. Mais l’identité du travail de l’école supporte mal toutes ses autres missions d’animation sociale, existentielle, qui l’asphyxient.