Paléorient, numéro 28 : 1 – 2002 PDF

Masse d’armes de la période d’Uruk, Tello, v. Comme son nom l’indique, elle a été identifiée à paléorient, numéro 28 : 1 – 2002 PDF des fouilles archéologiques de la cité d’Uruk, en Basse Mésopotamie, qui ont livré pour cette période un ensemble monumental dépassant largement ce qui se faisait ailleurs à la même époque.


Les études sur la période d’Uruk sont parmi les plus dynamiques sur la protohistoire du Proche-Orient ancien depuis le début des années 1980. Chronologie et cadre géographique : la Basse Mésopotamie et les régions voisines au IVe millénaire av. La Basse Mésopotamie urukéenne : un  centre  ? La chronologie de la période d’Uruk est très discutée et donc encore très imprécise. Mais il n’y a pas d’accord sur la datation de ses débuts, de sa fin, et les grandes césures internes qu’il faut y distinguer.

La période d’Uruk est traditionnellement divisée en plusieurs phases. Uruk récent , qui dure jusque vers 3200 ou 3100. IV de l’Eanna, avec l’apparition de l’État, et l’expansion de la culture urukéenne dans tout le Moyen-Orient. Sa nature exacte est très discutée, et il est difficile de distinguer clairement ses traits de la culture d’Uruk. On considère donc parfois qu’il s’agit d’une période d’ Uruk final . Elle s’achève vers 3000 ou 2900. Vase en céramique peint de la période de Djemdet Nasr, provenant de Khafadje.

Musée de l’Institut oriental de Chicago. On constate donc que la chronologie de la période d’Uruk est des plus incertaines. On peut s’accorder sur une vague durée de près d’un millénaire couvrant en gros la période de 4000 à 3000 av. Dynasties archaïques  en Basse Mésopotamie, durant laquelle cette région a toujours un rayonnement considérable sur ses voisines. Localisation des sites principaux de Mésopotamie méridionale à la période d’Uruk et de Djemdet Nasr.

Pourtant, cette région est mal connue par l’archéologie, puisque seul le site d’Uruk a livré les traces d’une architecture monumentale et des documents administratifs justifiant de faire de cette région la plus dynamique et influente. Elle a fait l’objet de prospections archéologiques menées par R. La composition ethnique de cette région pour la Période d’Uruk ne peut être déterminée avec certitude. De ces agglomérations, c’est Uruk, site éponyme de la période, qui est le plus grand et de loin dans l’état actuel de nos connaissances, et surtout celui à partir duquel la séquence chronologique de la période a été bâtie.

On connaît essentiellement l’architecture imposante de deux groupes monumentaux situés à 500 mètres de distance. Après le  Temple calcaire  du niveau V, un programme de constructions sans équivalent jusqu’alors est entrepris au niveau IV. La fonction de ces constructions, inédites par leur taille et surtout le fait qu’elles soient réunies en groupes monumentaux, est débattue. En tout cas il a fallu mettre en œuvre des moyens considérables pour les édifier, ce qui montre les capacités des élites de cette période.

Uruk est également le site sur lequel ont été retrouvés les lots les plus importants des premières tablettes écrites, aux niveaux IV et III, dans un espace où elles avaient été mises au rebut, ce qui fait que leur contexte archéologique de rédaction nous est inconnu. En dehors d’Uruk, peu de sites du Sud mésopotamien ont livré des niveaux consistants de la période d’Uruk. Ce site était entouré d’une muraille partiellement dégagée, et on y a mis au jour plusieurs édifices dont une plate-forme ayant supporté un édifice dont il ne reste plus de traces. Les sources relatives à la période d’Uruk proviennent d’un ensemble de sites répartis sur un espace immense couvrant aussi bien la Mésopotamie que les régions voisines, allant jusqu’en Iran central et en Anatolie du sud-est. Jetons de comptabilité mis au jour à Suse, Musée du Louvre. Le niveau I voit le début d’une architecture monumentale avec la construction d’une  Terrasse Haute , agrandie au niveau II pour mesurer approximativement 60 mètres de long et 45 de large.

Suse a aussi livré des tablettes écrites parmi les plus anciennes, ce qui en fait un site majeur pour notre connaissance des débuts de l’écriture. Plus au nord dans le Zagros, le site de Godin Tepe dans la vallée de Kangavar, est particulièrement important. Le niveau archéologique V de ce site est celui qui correspond à la période d’Uruk. C’est en grande partie à partir des résultats de ces fouilles qu’ont débuté les réflexions sur l’ expansion urukéenne . Le plus connu est Habuba Kabira, un port fortifié situé sur la rive droite du fleuve en Syrie. L’étude des constructions de ce site montre qu’il s’agit d’un urbanisme planifié, ayant nécessité des moyens importants.

Le matériel archéologique du site est identique à celui d’Uruk, que ce soient la céramique, les sceaux-cylindres, les bulles et calculi comptables, ainsi que des tablettes numérales de la fin de la période. Habuba Kabira présente des similitudes avec le site voisin de Djebel Aruda, situé seulement huit kilomètres au nord, sur un éperon rocheux. Comme dans le site voisin, on y trouve un urbanisme constitué de résidences de tailles diverses et d’un complexe monumental central constitué de deux  temples . Il s’agit sans doute là aussi d’une ville nouvelle construite par des  Urukéens . Ruines du site de Tell Brak, Syrie. Dans la région du Khabur, Tell Brak est un centre urbain important depuis le Ve millénaire av. Quelques résidences de la période y ont été dégagées, ainsi que de la poterie typique de l’Uruk, mais ce sont surtout une succession de monuments sans doute à buts cultuels qui ont attiré l’attention.