Portraits d’insurgés, Madagascar 1947 PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. La Liseuse de Fragonard, vers 1770, conservée à la National Gallery portraits d’insurgés, Madagascar 1947 PDF Art, Washington. Le roman est un genre littéraire, caractérisé essentiellement par une narration fictionnelle.


« Si, aujourd’hui, des Français apprennent sans révolte les méthodes que d’autres Français utilisent parfois envers des Algériens ou des Malgaches, c’est qu’ils vivent, de manière inconsciente, sur la certitude que nous sommes supérieurs en quelque manière à ces peuples et que le choix des moyens propres à illustrer cette supériorité importe peu.·»


 Albert Camus, dans l’article de Combat du 10 mai 1947

Que s’est-il donc passé à Madagascar en 1947? 
La colonisation a irrémédiablement changé l’histoire dans son entreprise de saccage de la culture et des traditions. 89 000 morts pour revenir aux chiffres, chiffres de l’état-major de l’armée française en 1949. 11 000 un an plus tard selon l’État colonial. Probablement 10 000 à 20 000 selon la révision récente des historiens dans le débat mémoriel actuel, en rajoutant 30 000 morts de dénutrition dans la forêt. Probablement. Tout n’est que probablement… 
Silence de part et d’autre. Silence de la France trahissant ses idéaux, trahissant la Résistance, trahissant l’humanité. Silence de l’île n’ayant pu enterrer ses morts, touchée dans ce qu’elle a de plus intime, le rapport à la mort, le rapport à la terre/chair, le rapport au monde, dans la destinée de l’être et du souffle de vie.

La place importante faite à l’imagination transparaît dans certaines expressions comme  C’est du roman ! Depuis son apparition, le genre romanesque a connu de nombreuses évolutions formelles et mises en question, aussi bien dans sa réception publique que du fait des écrivains. Histoire et aussi avec la généralisation de l’apprentissage de la lecture par l’école et la diffusion imprimée. Toute tentative de définition satisfaisante du roman est étroitement liée à l’identification de ses origines. Ainsi, nombreux sont les théoriciens du roman qui ont cherché à appuyer leurs théories génériques sur des théories étymologiques.

Voilà pourquoi une entrée satisfaisante pour tenter de définir le terme de roman peut se trouver dans l’origine même de ce mot. Au Moyen Âge, l’usage du latin se restreint aux textes écrits tandis que les communications orales se font en langue romane. Le latin n’étant connu que d’une minorité de la population, constituée essentiellement de religieux et de lettrés, il faut alors transcrire ou écrire en langue romane certains textes afin de les rendre accessibles à un public plus large. Le terme se met à désigner progressivement un genre littéraire à part entière. Le terme commence alors à se rapprocher de son sens moderne, celui de récit fictif à épisodes centré autour d’un ou de plusieurs personnages.

Le roman a tout d’abord été le récit d’une aventure fantastique, comprenant un personnage idéal vivant une aventure idyllique elle-même. Les livres étaient au début destinés aux nobles et non au peuple. Les romans de Chariton, d’Achille Tatius ou d’Héliodore d’Émèse sont les principaux représentants du genre à nous être parvenus. Les commentateurs des premiers siècles apr. Métamorphoses attribuées à Apulée ou le Satyricon attribué à Pétrone.

Bien que novateur et original, il puise pourtant de nombreux motifs dans les genres littéraires qui l’ont précédé. La rupture littéraire amorcée par l’apparition du nouveau genre de la poésie lyrique ne doit pas pour autant masquer une large continuité dans les thèmes et les motifs évoqués par le roman. Cependant, le romancier ne reprend pas ces thèmes à l’identique, très souvent il les réactualise, les modifie et les dramatise. Mais surtout, il substitue une nouvelle figure à celle du poète amoureux.

Le modus operandi de la séduction évolue : la femme ne se séduit plus par des paroles et des chansons mais par des actions. Le héros de la chanson de geste tient ses traits du héros épique. Il est vaillant, brave, il sait manier les armes, il allie la franchise à la loyauté et à la générosité. Au-delà des thèmes et des motifs exploités, les sujets traités par le roman se caractérisent par leur originalité et leur diversité. Bretagne, la plus féconde, a inspiré tous les romans dits  arthuriens . La matière de Bretagne se développe à la cour d’Henri II Plantagenêt et de sa femme Aliénor d’Aquitaine ainsi qu’à la cour de la fille d’Aliénor, Marie de France, en Champagne. Le Roman de la Rose, miniature du Maître du Roman de la Rose de Vienne tirée d’un manuscrit des années 1430, ÖNB, Cod.

Deux raisons peuvent expliquer cette tendance. D’une part, la prose augmente probablement la crédibilité des aventures racontées, par assimilation à la fiabilité des textes juridiques. Ces romans apparaissent conjointement au développement de la bourgeoisie et d’un esprit progressivement plus matérialiste. La redécouverte des textes d’Aristote accompagne ce renforcement du rationalisme au détriment d’une part de spiritualité et de merveilleux. Au début de l’histoire du roman cohabitent deux traditions très contrastées.

C’est un roman résolument parodique et réaliste, qui raille la littérature noble et les valeurs établies. La seconde est l’héritière du roman de chevalerie et du roman grec. Elle revendique une certaine noblesse des sentiments et de l’expression et un style sérieux. La Pantagrueline Pronostication de François Rabelais, 1532. C’est aussi le premier roman psychologique et le plus ancien texte encore considéré comme un classique.

Le roman de chevalerie n’est pas le seul modèle dont se sont inspirés les premiers romanciers modernes. Rabelais et Cervantès restent une référence constante pour la quasi-totalité de la littérature romanesque. Deux amants sont séparés par le destin et se cherchent au cours d’aventures pleines de rebondissements imprévus lors desquelles leur amour et leur détermination sont mises à l’épreuve. Publié en préface de Zayde, le célèbre Traité de l’origine des romans de Pierre-Daniel Huet, pose un certain nombre de questions touchant au genre romanesque : que nous apprennent les œuvres de fiction d’une culture étrangère ou d’une période éloignée sur ses créateurs ?